Les « pères fondateurs » de la Francophonie:Léopold Sédar Senghor,Habib Bourguiba et Hamani Diori

Léopold Sédar Senghor (1906-2001)

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Léopold Sédar Senghor écrivant.

Né en 1906 à Joal, sur la côte sénégalaise de l’Afrique occidentale française (AOF), Léopold Sédar Senghor poursuit des études littéraires à Paris, en khâgne au lycée Louis-le-Grand et à la Sorbonne. Il rencontre notamment le poète martiniquais Aimé Césaire, avec lequel il se fera porte-parole de la « négritude ». Agrégé de grammaire en 1935, il est le premier Africain agrégé de l’Université de Paris. Il enseigne en métropole les lettres, puis les langues et la civilisation négro-africaines.

Il s’engage dans la vie politique après la Libération, quand les colonies obtiennent une représentation à l’Assemblée nationale, et devient député du Sénégal à l’Assemblée nationale française (1945), secrétaire d’Etat dans le cabinet Edgar Faure (1955-56), ministre-conseiller au début de la Ve République (1959). Le 5 septembre 1960, Léopold Sédar Senghor devient le premier Président de la République du Sénégal indépendant. En 1980, il est un des rares chefs d’Etat africains à quitter volontairement le pouvoir.

Logo de l'année Senghor

Après son premier recueil, « Chants d’ombre », publié en 1945, le poète et homme d’Etat produit une œuvre abondante, avec notamment « Hosties noires », « Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française », « Ethiopiques », « Elégies majeures » ou « Ce que je crois : négritude, francité et civilisation de l’universel ».
Docteur honoris causa de nombreuses universités à travers le monde, il est le premier écrivain noir élu à l’Académie française le 2 juin 1983.

Militant infatigable de la Francophonie, il s’efforce, aux côtés de ses homologues nigérien Hamani Diori et tunisien Habib Bourguiba, de promouvoir l’idée d’une « communauté organique » francophone. Avec l’accession à l’indépendance des Etats africains, « il s’agissait de reprendre l’idée communautaire de la Constitution de 1958, en la repensant, comme nous l’avions fait en 1955 : d’en faire une relecture africaine ou, mieux, panhumaine ». L’édification d’un « Commonwealth à la française » doit selon lui permettre d’éviter l’émiettement qui guette l’Afrique francophone nouvellement indépendante et de ménager des liens privilégiés avec l’ancienne métropole. Il expose son projet de « communauté francophone » aux chefs d’Etat africains réunis à Tananarive (Madagascar), lors du sommet de l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM) en juin 1966.

Le projet de communauté organique de la Francophonie
« L’idée m’en est venue, je crois, en 1955, lorsque, secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil dans le Gouvernement Edgar Faure, j’étais chargé de la révision du titre VIII de la Constitution, relatif aux départements, territoires d’outre-mer et protectorats. J’eus, alors, l’occasion de m’en entretenir avec Habib Bourguiba, qui était en résidence surveillée en France. C’est de là que datent notre amitié et notre coopération. Il s’agissait, comme je l’ai dit en son temps, d’élaborer, puis d’édifier un « Commonwealth à la française » (…).
Par « ensemble », j’entendais, j’entends toujours : entre nations qui emploient le français comme langue nationale, langue officielle ou langue de culture ». ( extrait du discours de réception à l’Académie des sciences d’outre-mer, 2 octobre 1981 .

Habib Bourguiba (1903-2000)

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Habib Bourguiba.

Né en 1903 à Monastir, sur la côte orientale de la Tunisie, Habib Bourguiba mène des études de droit et de sciences politiques à Paris et devient avocat.

A son retour en Tunisie en 1927, il collabore à plusieurs journaux indépendantistes et notamment à « L’Action tunisienne », qu’il crée en 1932. Membre du parti nationaliste « Destour », il fonde en 1934 le « Néo-Destour« , issu de la scission de la branche moderniste du parti. En raison de son action politique contre la colonisation française, il est assigné à résidence puis arrêté à plusieurs reprises. Après la Seconde Guerre mondiale, il s’efforce de promouvoir la cause de l’indépendance tunisienne dans les pays arabes, aux Nations unies, comme en France même.

A partir de 1954, Habib Bourguiba devient un interlocuteur incontournable dans les pourparlers qu’entreprend le gouvernement français présidé par Pierre Mendès-France, aboutissant à l’autonomie interne de la Tunisie en 1955, puis à son indépendance en 1956. Premier chef de gouvernement de la Tunisie indépendante, il en devient Président de la République le 8 novembre 1957, après l’abolition de la monarchie.

Il lance alors d’importantes réformes visant à moderniser la société traditionnelle tunisienne, avec notamment la laïcisation de l’Etat, le statut des femmes, l’interdiction de la polygamie, l’autorisation du divorce et de l’avortement. Président à vie depuis 1975, Habib Bourguiba voit la situation intérieure se détériorer dans les années 1970, où la crise économique et sociale nourrit les tensions politiques et une montée de l’islamisme. Gravement malade, il est destitué en 1987 par le Premier ministre Ben Ali.

Partisan résolu de la Francophonie aux côtés de Léopold Sédar Senghor, il s’en fait lui aussi l’actif ambassadeur, notamment en Afrique en 1965. Pour lui, la langue française et la francophonie concourent à édifier une Tunisie moderne et ouverte.

Hamani Diori (1916-1989)

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Hamani Diori.

Né à Sadouré, non loin de Niamey sur les bords du fleuve Niger, en 1916, Hamani Diori suit des études à Dakar et devient instituteur.

C’est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale qu’il s’engage dans la vie politique. A la tête du Parti progressiste nigérien (PPN), dont il est le fondateur, il est élu député du Niger à l’Assemblée nationale française en 1946 ; il en devient vice-président en 1957. Hamani Diori est aussi à l’origine du Rassemblement démocratique africain (RDA), avec notamment Félix Houphouët-Boigny. Lors de l’accession du Niger à l’autonomie en 1958, Hamani Diori est Président du Conseil des ministres. Le 9 novembre 1960, il devient le premier Président de la République du Niger indépendant.

D’importants gisements d’uranium lui assurent le soutien de Paris. Mais les retombées de leur exploitation sont faibles et la grave sécheresse qui frappe le Sahel en 1973 ruine l’agriculture et aggrave le mécontentement contre le régime. En 1974, le président Diori est renversé par un coup d’Etat militaire, qui porte au pouvoir le lieutenant-colonel Seyni Kountché.

Outre sa participation à la création du Conseil de l’Entente en 1959 et de l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM) en 1966 , Hamani Diori est un promoteur actif de la Francophonie. Le président nigérien est ainsi mandaté avec son homologue sénégalais L.S. Senghor en juin 1966, par la Conférence des chefs d’Etat de l’OCAM réunie à Tananarive, pour convaincre les autres pays francophones d’Afrique de participer à des projets de coopération culturelle et économique. Succès symbolique, c’est dans la capitale nigérienne Niamey que se tiennent les deux premières conférences intergouvernementales des Etats francophones, réunies en 1969 et 1970. La deuxième aboutit à la création de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) par 21 pays.

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/francophonie-index.shtml/francophonie-peres-francophonie.shtml2

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