Qu’est-ce qu’un francophone ?

Les contextes sociolinguistiques sont très variés. Les chercheurs de l’AUF, qui ont travaillé pour cet ouvrage sur la zone de l’océan Indien, nous disent que le francophone réside toujours plutôt dans les villes, qu’il a tendance à «surconsidérer»  le français de France et qu’il est souvent en situation dite de diglossie avec interpénétration réciproque des langues en présence, au premier rang desquelles le créole. Réjean Lachapelle, spécialiste de la démolinguistique canadienne, nous apprend à distinguer ceux qui sont de langue maternelle française de ceux qui déclarent parler le
français à la maison et nous initie à la catégorie «Français plus»… De leur côté, Moussa Bougma et ses collègues prennent pour exemples le Burkina Faso et le Mali pour faire comprendre les caractéristiques d’une bonne partie de la francophonie africaine, dont l’existence est très liée à la scolarisation mais qui n’est pas pour autant une langue étrangère du fait de sa large appropriation par les populations, et de sa très forte présence dans tous les domaines d’activité et tous les environnements (sociaux, économiques, administratifs, audiovisuels…). Les auteurs de l’ouvrage eux-mêmes, avec leurs estimations minimalistes et le concept de francophones partiels, insistent en permanence sur la prudence qui doit guider toute tentative d’évaluation du poids d’une langue.Ces estimations se fondent désormais essentiellement sur des sources statistiques, des enquêtes nationales ou transnationales et des études ad hoc réalisées pour le compte de l’Observatoire de la langue française, en partenariat, entre autres, avec l’Agence universitaire de la Francophonie (http://www.auf.org/) et l’Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone-ODSEF (http://www.odsef.fss.ulaval.ca/cms/index.php?accueil=1&menu=4). Lorsqu’elle a été possible, la part des francophones dits «partiels» a été précisée dans un tableau détaillé par pays. Pour une vingtaine de pays d’Afrique subsaharienne et de l’océan Indien, le choix de ne comptabiliser formellement que les personnes sachant lire et écrire le français permet de considérer les estimations retenues comme la base minimale certaine d’une réalité qui, dans la plupart de ces pays, l’excède, car le français est, à l’oral, maîtrisé par un nombre plus important de personnes, tant du point de vue de la compréhension que de celui de l’expression (le lecteur trouvera commentés les résultats d’enquêtes réalisées par l’institut TNS Sofres dans plusieurs grandes villes africaines, très éclairantes à ce sujet). Les progrès importants réalisés dans le domaine de la scolarisation, pour peu qu’elle continue de faire une place significative à la langue française, préparent une augmentation prévisible, continue et importante du nombre de francophones sur le continent africain, qui demeure et restera dans l’avenir le continent moteur de la croissance des francophones dans le monde, comme le montre notamment l’article de Richard Marcoux, directeur de l’ODSEF, sur la dynamique à l’œuvre qui devrait porter le nombre de francophones africains au-delà du demi-milliard au milieu du xxie siècle.

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